OCTOBRE 1917 - OCTOBRE 2017

Parcours dans l’univers artistique de la révolution d’Octobre

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Octobre 1917 : l’art s’engage !

du 26 octobre au 4 novembre 2017, du lundi au vendredi de 14h à 18h, et le samedi de 10h à 13h, ou sur rendez-vous. Entrée libre
• vernissage 25 octobre à 19h

Le 7 novembre 1917 (25 octobre d’après le calendrier julien alors en cours en Russie), la prise du Palais d’Hiver à Petrograd marque le début de la révolution d’Octobre. Sous le mot d’ordre « la paix, le pain, la terre », les bolchevik s’emparent du pouvoir.

Parmi tant d’autres conséquences, les grands bouleversements que provoque l’insurrection entraîneront rapidement l’adhésion d’un grand nombre d’artistes au projet communiste. L’effervescence créatrice qui régnait alors en Russie parmi l’avant-garde rencontre la volonté populaire de construire un nouveau monde. Chantre et poète de la révolution, Maïakovski est sans doute le symbole de cette union. Mettant son art au service de la guerre que doit mener le jeune pouvoir soviétique contre toutes les tentatives de restaurer l’ordre ancien, il crée les fameuses fenêtres Rosta, affiches satiriques servant à informer le peuple des avancées et des reculs de la révolution. Il résume sa volonté en affirmant : « Toute ma force sonnante de poète, je te la donne, classe à l’attaque. »

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À la même époque, Eisenstein et Vertov inventent la nouvelle grammaire révolutionnaire d’un art naissant, le cinéma ; Rodtchenko fait du photomontage un nouvel art ; Malevitch et son suprématisme chantent l’héroïsme de l’Armée rouge... Et Lénine ordonne que le beau se joigne à l’utile en créant les Vkhoutemas, ateliers d’arts appliqués à l’industrie.

C’est à un petit parcours dans l’univers artistique de la révolution d’Octobre que nous vous convions : livres, disques vinyles, reproductions d’affiches et d’œuvres graphiques de l’époque, dont certaines fenêtres Rosta formeront un décor éphémère pour accompagner le colloque international 1917-2017 : Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe qui se déroulera du 2 au 4 novembre à Saint-Gilles.

Patrick MOENS, commissaire de l’exposition

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Au programme de la soirée de vernissage
le 25 octobre à partir de 19h

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Introduction par Paul ARON, professeur de littérature et théorie littéraire à l’Université Libre de Bruxelles, principalement aux XIXe et XXe siècles.

Visite commentée de l’exposition par Patrick MOENS, qui a procédé à la sélection et à l’organisation des documents présentés et nous en a prêté la majeure partie.

Les vaincus : 7 personnages en quête de justice et de liberté
Écoute d’extraits et présentation par Nadine JANSSENS, historienne et autrice de ce documentaire radiophonique.
« Les Vaincus est la première réalisation de Rakonto, une jeune association née du désir de travailler sur le récit et la transmission, au croisement de l’histoire, la politique et la littérature.
(...) Si l’utopie éclose en Russie en 1917 fut un cauchemar pour les uns, elle représenta aussi une formidable explosion de possibles soudain à portée de main. Il est nécessaire, aujourd’hui, de se pencher sur ces événements à travers celles et ceux qui ont, de leurs histoires, tissé les Histoires. Il est urgent de se poser la question du pouvoir, de l’organisation de la société, la liberté individuelle et la justice sociale.
1917 est tissé de multiples contradictions : le vrai courage, hier comme aujourd’hui, consiste à regarder les nuances en face. (...) Pour saisir toute la complexité et la densité d’une époque agitée par des courants contradictoires, où l’humain révèle à la fois l’étendue de la bassesse autant que sa formidable grandeur, nous avons choisi de l’appréhender au travers de sept personnages dont le parcours et l’histoire personnelle se mêlent aux événements politiques ; sept personnages pour qui les
mots – conte, poésie, harangue, essai, littérature scientifique, articles, roman – leur furent aussi vitaux que le combat et l’espoir. Ce sont : Maria Nikiforova, Victor Serge, Evguenia Iaroslavskaïa-Markon, Isaac Babel, Anna Barkova, Panaït Istrati et Raïssa Bloch. »


Présentation du n°231 de la revue C4
Octobre 17 – Il était une fois la Révolution

Nous avons peut-être quitté l’âge des idéologies pour entrer dans celui des récits. Le charme de la Révolution d’Octobre, lui, continue d’opérer. Forcément (diront les uns). Et heureusement (ajouteront certains). C’est que cet événement a été conçu comme un mythe fondamental - par Eisenstein, Bertolt Brecht, ou encore votre oncle Jules. Un mythe à la puissance contagieuse qui a su mettre en scène des personnages héroïques (Pélagie Vlassova alias La Mère, le perchiste Sergeï Bubka
ou l’astronaute Yuri Gagarine), construire des décors immenses et parfois paradoxaux (les superblocks), produire des icônes puis les oublier (Kollontaï), inventer d’improbables objets cultes (les Lada). Un mythe qui continue donc de fonctionner mais sur un mode différent depuis la chute, elle aussi retentissante et presque aussi mythique, de l’Homo Sovieticus. Un mythe, avec ses ombres et ses tensions, que la rédaction C4 désirait ardemment explorer.

Entrée libre

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Héritage(s) de Maïakovski

• Vendredi 27 octobre à 20h

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Vladimir Vladimirovitch Maïakovski, l’initiateur du futurisme russe, poète, dramaturge, affichiste, essayiste et comédien a fréquenté et agité toutes les avant-gardes européennes avant de se donner la mort en 1930, à 37 ans. Il fut aussi bolchevik dès les premières heures et, malgré les vicissitudes encourues, il resta fidèle au parti. Au-delà du photogénique géant ténébreux, que reste t-il de Maïakovski ? A-t-il des héritiers ? Quel poète se réclame encore de la révolution ou même d’un quelconque engagement ?

Avec : Michel GHEUDE, écrivain, enseignant et journaliste, auteur e.a. de La révolution n’est pas finie (éd. Espace de libertés, 2015), et d’une pièce sur Maïakovski, Un chien mérite une mort de chien (Actes Sud 1983).

(...) Maïakovski excède la révolution. Il est en avance sur elle. Il la dépasse. La bouleverse. Elle ne sera jamais à sa hauteur. Il aime ses fulgurances mais elle n’aura jamais assez de fulgurance à ses yeux. Plus vite. Plus joyeux. Plus nouveau. En avant toute ! La contre révolution est là depuis le premier moment de la révolution. Elle est son destin. Il le sait. Le vieux monde attend l’avenir, sûr de lui. Le prendre de vitesse, être mille ans en avance, seul le poète y parviendra. Invincible.

Antoine BOUTE est écrivain, poète sonore, essayiste et organisateur d’événements. Sa pratique repose fondamentalement sur le langage, ses limites et ses détournements. Il se présente comme un poète et performer qui « explore les impacts entre corps, langage et voix en usant de différents moyens et médias. » Parmi les influences dont il se revendique figurent Isou, Tzara ou le futuriste russe Khlebnikov, inventeur du langage Zaoum et autre précurseur des lettristes.

Une voix de femme pour faire sonner autrement "le tocsin des mots" du colossal Maïakovski... Telle est la proposition d’Isabelle DUMONT qui donnera à entendre, dans l’intimité de la lecture, quelques poèmes fameux des premiers recueils, Le nuage en pantalon et La flûte des vertèbres, dont les thèmes, les images et les rythmes ont révolutionné la poésie, ont célébré l’amour et rêvé un monde nouveau.

Philip MEERSMAN, organisateur d’événements au Pianofabriek, est performeur, poète visuel, coordinateur de festivals de slam ; il nous parlera de ses recherches universitaires sur l’histoire de la poésie visuelle et la poésie de performance et illustrera son intervention par quelques lectures.

La rencontre sera animée par Carmelo VIRONE, écrivain et critique littéraire.

P.a.f. : 4 euros, 2,5 euros étudiants et chômeurs, 1,25 euros Article 27. Entrée libre pour les sans-papiers.

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Octobre 17, une révolution artistique et littéraire

• Samedi 4 novembre à 19h

L’émancipation du prolétariat et la violence nécessaire, les deux
pôles de la politique culturelle du pouvoir bolchevik

Dans la foulée du feuilleton musical qu’elle a écrit et co-réalisé pour Musiq3, Françoise NICE, historienne et journaliste, revisite pour nous les cinq premières années d’après 1917. Une partie des artistes ont fui les tumultes, la famine, le tyhpus, les chaos de 1917, bientôt suivis par une guerre civile impitoyable. Les artistes de l’avantgarde restés en Russie adhèrent à la politique culturelle que met en place le commissaire chargé de l’éducation Anatoli Lounatcharski. Largement
inexpérimenté, le pouvoir communiste fait appel aux artistes pour sortir les masses de l’analphabétisme et ouvrir des écoles. Le mouvement du Proletkult accompagne la dynamique révolutionnnaire. Des centaines de clubs d’artistes amateurs voient le jour, les trains de l’Agitprop sillonnent le pays. Des journaux sont fermés, la radio et le cinéma réorganisés au service de la révolution puis du parti communiste. Rage, révolte, sectarismes, exaltation idéaliste coexistent. Les œuvres littéraires et musicales, les arts graphiques témoignent de ces bouleversements enthousiastes et
sanglants des premières années de la Révolution.

Pour écouter le feuilleton "1917, la bande-son d’une révolution" :
https://www.rts.ch/play/radio/emission/1917-la-bande-son-dune-revolution?id=8728589&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

Les Soviets au pays de Tintin :
les écrivains belges et la révolution

Paul ARON évoquera quelques réactions des écrivains belges après la révolution d’octobre. Plusieurs orientations peuvent être dégagées. Elles vont du pacifisme encouragé par la « paix séparée » signée par Lénine avec les Allemands (G. Eekhoud, P. Colin) aux témoignages de première main de quelques visiteurs ou témoins directs de la période révolutionnaire (de Jules Destrée en février 17 aux frères Thiry), puis aux engagements humanitaires (Roger Avermaete), politiques
(Charles Plisnier, Victor Serge) ou contre-révolutionnaires (Hergé). On évoquera aussi l’influence des artistes russes de l’avant-garde sur Pierre-Louis Flouquet ou sur Franz Hellens.

Résultats du concours de textes "Et vous, révolutionnez-vous"

Proclamation par le jury des résultats du concours lancé dans le n° 65 de Debout les Mots !, et lecture d’extraits des textes lauréats par leurs auteurs ou par des lecteurs professionnels.

Et pour terminer en beauté...
Entonnons ensemble des chants de la révolution

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Les Bateliers de la Volga, le Chant des Partisans Rouge, L’Internationale... Si ces paroles vous démangent et si ces mélodies vous réchauffent le cœur, cette dernière soirée est pour vous ! Alain LAPIOWER, chanteur et musicien, vous invite à entonner tous ensemble les chants les plus émouvants ou les plus significatifs de la révolution russe... et quelques-unes de leurs diverses adaptations au 20e siècle.

Par le froid et la famine
Dans les villes et dans les champs
À l’appel du grand Lénine
Se levaient les partisans...

Téléchargez le programme en version pdf :

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Le colloque international 1917-2017 : Espoirs, utopies et héritages de la Révolution russe se déroulera du jeudi 2 au samedi 4 novembre à la Maison du Peuple de Saint-Gilles, Parvis de Saint-Gilles, 1060 Bruxelles.
Ce colloque réunira d’éminents spécialistes internationaux qui traiteront de thématiques diverses autour des « Espoirs, utopies et héritages » qu’a portés la Révolution russe.
Il est co-organisé par le Centre des Archives du Communisme en Belgique (CarCob), le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches (CHSG, Université libre de Bruxelles), la formation Léon Lesoil et l’Institut Marcel Liebman, avec le soutien de l’Association des amis de Jost Steiger (Lausanne), de la Faculté de Philosophie et Sciences Sociales de l’Université libre de Bruxelles, de la FGTB fédérale, du
Fonds national de la Recherche scientifique (FNRS) et de l’Université populaire de Bruxelles.

Programme complet, informations pratiques et modalités d’inscription :
http://chsg.ulb.ac.be/|
La Commissaire
Un film de Alexandre Askoldov
• Samedi 3 novembre à 20h15 à l’UPJB


Vavilova, commissaire de l’armée rouge, est enceinte. Pour qu’elle puisse accoucher, elle est placée dans la famille d’un artisan juif de Berditchev pendant l’été 1920 alors que l’Ukraine est déchirée par la guerre civile, l’invasion polonaise et les pogroms.
La Commissaire est sans doute l’unique film dans l’histoire du cinéma soviétique à aborder les rapports entre judéité et révolution. Le film, réalisé en 1967, est basé sur le premier récit publié par Vassili Grossman en 1934 Dans la ville de Berditchev et est resté interdit jusqu’en 1987.
Après avoir remporté plusieurs prix dans des festivals internationaux, le film a finalement pu circuler largement en Union soviétique à la fin des années ’80.
Présentation par Françoise NICE, journaliste, qui a assisté à la première projection de La Commissaire à Moscou.

UPJB, 61 rue de la Victoire à 1060 Bruxelles
P.a.f. : 6 euros, 4 euros pour les membres et les enseignants,
2 euros pour les revenus faibles et gratuit pour les demandeurs d’asile.

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