Les mots font le mur

De mi-janvier à mi-mars, la Maison du Livre interroge les divers aspects de la détention dans ses rapports à l’écriture. Ecriture qui libère, enferme, répare, dénonce, témoigne, s’évade ... Une exposition, dse rencontres, des ateliers, des jeux et des joutes verballes pour interroger ce que notre conception de la punition dit de notre société : enfermer qui, comment, pourquoi, combien de temps ?

De la Ballade des pendus de François Villon au Dernier jour du condamné de Victor Hugo, du Comte de Monte-Cristo de Dumas au Journal du voleur de Jean Genet, de Dickens à Apollinaire, de Crime et châtiment au Prisonnier d’Azkaban, l’enfermement est un thème littéraire majeur. De tout temps, des auteur.e.s ont connu la prison et des prisonnier.e.s sont devenus auteur.e.s. D’autres, sans y avoir séjourné, laissent un travail documenté sur leur époque, à l’instar de Surveiller et punir de Michel Foucault, qui constitue une oeuvre de référence incontournable, à la fois érudite et militante, qui questionne et conteste la notion même d’emprisonnement. La réflexion existe mais est-elle entendue ? Nos prisons sont-elles des écoles du crime, des trous à rats, des zones de non-droit ? Proposent-elles à l’inverse des occasions de se reconstruire, s’amender, préparer sa réinsertion ? Quels sont les obstacles ? Pourquoi, en dépit des constats et des alarmes, enferme-t-on toujours plus, toujours plus mal ?

"Faire le mur" signifie à la fois l’évasion et l’enfermement. Comment maintenir un lien entre dehors et dedans ? Quels mots pour dire l’écartèlement, les longues peines, les vies brisées ? Ecrire en prison peut aider à mieux en sortir. Ecrire sur les prisons nous semble indispensable pour désentraver la réflexion et ne pas abandonner les prisonnier.e.s aux oubliettes.

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