Éditeurs en confinement - épisode 6 : Les Impressions Nouvelles

Fondées en 1985 et riches d’un catalogue de près de 350 titres, les Impressions Nouvelles sont une maison d’édition indépendante et généraliste, ouverte à tous les médias qui façonnent la vie contemporaine. D’une part, la maison publie des textes de création et de réflexion littéraires : roman, poésie, reportage, autobiographie, mais aussi essai littéraire. Les fictions et les analyses publiées par les Impressions Nouvelles allient souci du style et enjeux sociaux, culturels, politiques ou philosophiques. Le parti pris des mots y va de pair avec le contenu des choses.

D’autre part, les Impressions Nouvelles accordent une large place aux images et éditent des essais sur les grands médias de la culture moderne : bande dessinée, cinéma, photographie, télévision, mais aussi architecture, philosophie, sociologie, esthétique. Dans tous ces domaines, les Impressions nouvelles publient des livres qui allient lisibilité, goût de l’engagement et désir de vulgarisation intelligente.

Par l’attention accordée à la qualité du livre comme à celle de l’écriture et des images, par la volonté d’intervenir dans les débats les plus actuels, mais aussi d’accompagner des auteurs dans la durée et de construire une politique à long terme, les Impressions Nouvelles s’imposent comme un acteur important de l’édition en langue française.

Emelyne Bechet, Chargée de communication, nous décrit les conséquences du confinement sur le quotidien et celles, à terme, sur la pratique éditoriale.

L’impact de la situation sanitaire est non-négligeable, et se fera sentir pendant longtemps. D’un point de vue très factuel, l’ensemble de l’équipe est passée en télétravail sans réduction du temps de travail depuis les premiers jours du confinement. Nous communiquons essentiellement par mails, mais également par des réunions en vidéo-conférence. Nous sommes coutumiers du travail à distance. Dans les faits, la communication dans l’équipe n’en a pas souffert, bien que nous n’ayons jamais été dans une configuration aussi exceptionnelle, bien entendu, qui maintient la distance dans le temps.

Nous avons essayé, autant que possible, de repenser notre travail afin de hiérarchiser différemment nos tâches. Concrètement, les imprimeurs, distributeur et le pôle diffusion étant à l’arrêt, nous avons choisi de prendre de l’avance dans les aspects « production » ; autrement dit, préparer autant que nous le pouvions les textes à paraitre prochainement. L’aspect communication s’est concentré sur le lien que nous avions avec notre lectorat à travers les réseaux sociaux et a également mis l’accent sur le volet numérique de nos parutions, afin de rester, malgré tout, présents sur le marché et continuer à faire vivre notre catalogue autrement que par le biais des libraires. Concernant la collection Espace Nord, nous avons mis à disposition gratuitement un certain nombre de titres relevant du domaine public, pour un temps limité, durant le confinement.

Le calendrier de nos parutions pour l’année a bien entendu été impacté : certains de nos titres devaient sortir en librairie en avril et n’ont pu être disponibles à la date prévue, ils sortiront au lendemain du confinement. Il s’agissait du nouveau roman de Rossano Rosi « Le Pub d’Enfiler Road » et « Evaluer un scénario » d’Yves Lavandier. Il est évidemment important que ces titres ne passent pas à la trappe en raison de la situation et qu’ils ne soient pas des livres « morts nés ». Le décalage de ces parutions a donc eu un effet domino sur le reste de notre calendrier, avec des ajustements à la clé : des titres qui devaient paraitre en mai sont programmés en novembre, etc. Dans notre cas, nous ne parlons pas d’annulation pure et simple, mais plutôt d’une répartition différente dans notre calendrier, avec des reports pouvant aller jusqu’à 2021.

Néanmoins, l’économie de notre structure est bien entendu mise à mal par la situation : sans nous sentir en danger dans une immédiate temporalité, nous avons conscience que nous allons trainer le manque à gagner de cette période durant de longs mois et que pour pouvoir se maintenir à flots, nous comptons sur l’aide des pouvoirs publics. Il ne faut pas minimiser l’impact économique de cette situation, surtout sur des petites structures, puisque nous ne pouvons pas compter de la même manière que des gros groupes sur des locomotives commerciales qui nous permettraient de nous remettre en selle dès le déconfinement.

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