Édito

Oserais-je annoncer sans vous lasser que notre programme a encore été bousculé... D’hésitations en déceptions, ce numéro, supposé trimestriel, de Debout les mots s’est accordé un peu de retard dans l’attente d’un minimum d’ouverture et d’un maximum de clarté de la part du Codeco. Misant sur le retour du beau temps, du muguet et de l’imagination au pouvoir, nous avions mis tous nos espoirs en mai. Nous nous réjouissions moins d’un mois pour faire ce qu’il nous plait que d’un mois pour fêter la libération et les fleuraisons culturelles qui germinent depuis trop longtemps. Nous persistons décidément trop optimistes...

Cependant, nous restons toujours debout, les mots à la bouche, à la plume ou au poing. Comme il y a exactement un an, nous prenons aujourd’hui le risque et la responsabilité de rouvrir prudemment les portes de notre belle Maison. Il nous paraît temps de mesurer non seulement la vivacité du virus et de ses variants mais aussi les limites, l’inefficacité et l’iniquité des stratégies déployées par les gouvernements jusqu’ici. Elles n’endiguent pas la pandémie et propagent les dégâts. Il s’impose désormais de mieux répartir les efforts et les sacrifices, les investissements et les privations, pour lutter contre cette maudite Covid. Nous refusons d’être, avec quelques autres, toujours les derniers à trinquer.

En ce joli mois de Marie, nous ouvrons notre auberge avec le centenaire de Frédéric Dard – c’est qui ce zig ? – dont l’imagination débordante et l’esprit de provocation n’auraient pas désapprouvé le déconfinement au culot, désobéissant, consciencieux et solidaire, du secteur culturel, initié et coordonné par Still Standing for Culture du 30 avril au 8 mai (et plus si affluences et influences positives). Nous partagerons la joyeuse gouaille et interrogerons les parts d’ombre d’un des écrivains français les plus populaires du siècle dernier. Des rencontres autour de nos préoccupations récurrentes répliqueront, entre autres, aux travers gaulois du gars San Antonio.

Avec résilience ou résistance mais jamais résignation, avec la créativité des supports que nous avons démultipliés, nous ferons encore face aux contraintes du moment pour vous donner accès à nos stages et ateliers, nos projets, nos enthousiasmes et nos énervements. À tout le moins et pas Candide pour le coup, nous ferons cet été de notre jardin un espace de culture pour s’ouvrir et œuvrer « au monde ouvert à notre fenêtre ».

Mathieu Bietlot

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