Trois cycles

Extension du domaine des luttes et de l’imaginaire

S’il en était encore besoin, la gestion de la pandémie a confirmé combien nous sommes à une époque charnière où tout vacille, où les recettes d’hier ne prennent plus et dont personne ne peut prétendre connaître l’issue.

Nous avons besoin de confronter les approches, de faire bouger les frontières et les horizons, d’entrecroiser fiction et effectivité pour réinventer un ou des avenirs viables et enviables. Le fameux « monde d’après » n’éclora pas dans l’incantation et la délégation mais dans la proposition et le rapport de force. Il s’agit de saisir le moment, de se l’approprier et de réfléchir ensemble aux enjeux qui se présentent, en tenant compte du passé et en incluant l’imaginaire. Ou plus précisément la capacité ou puissance d’imagination, de création en situation, qui ne s’en tient pas à l’établi ni ne se réfugie dans les limbes.

C’est par là, si nous y sommes, que vous invitera en 2021 notre cycle Extension du domaine des luttes et des imaginaires déjà évoqué en ces pages. Nous avons envisagé diverses dimensions à approfondir et prévu une série de questions à discuter. Tel l’avenir, la liste n’est pas fermée et le cycle appelle à s’élargir, à prendre le vent du large, à être prolongé par d’autres, à évoluer en fonction des rencontres et des lectures, à s’adapter aux aspérités du terrain… Au cours du premier semestre 2020, nous irons au moins et dans le désordre à l’abordage de la mémoire des luttes ouvrières, de leur transmission et de l’avenir de la classe en question face aux impasses du productivisme et à la dématérialisation de l’économie ; des enjeux et du combat pour la souveraineté alimentaire et du rôle qu’y jouent les femmes ; du pouvoir de l’imaginaire et de la créativité, de la force d’inspiration des romans et des arts de la scène pour renouveler les tactiques et mener à des victoires symboliques avant qu’elles ne deviennent effectives ; de l’émancipation des femmes ou des minorités notamment dans l’appropriation et la transformation de la langue ; de la lutte pour le climat et de la radicalité spectaculaire ou contestataire que requiert son urgence… Ce dernier enjeu n’est évidemment pas le moindre d’un avenir viable. Il motive une kyrielle d’actions citoyennes et trop peu de décisions politiques. Il inspire nombre d’essais mais aussi des créations littéraires. Il interroge nos manières d’habiter le monde et de partager la planète. Il animera encore quelques temps notre programmation.

Étant donné les prévisibles secousses sanitaires, le cycle diversifiera ses outils et développera des supports parasismiques. Chacun de ses chantiers fera l’objet de rencontres ou d’ateliers lorsque ce sera permis et possible. Nous ne pouvons à l’heure d’aujourd’hui vous fixer de rendez-vous précis et vous invitons à vous tenir au courant par les voies électroniques : site, Facebook, lettre d’information (abonnez-vous via info@lamaisondulivre.be si ce n’est déjà fait).

À défaut, en attendant ou en complément de ces moments où nous pourrons nous réunir, le cycle explorera ses thématiques dans notre nouvelle émission « Le blob », diffusée tous les troisièmes lundis du mois sur les ondes de Radio Panik, à partir du 15 février de 19h à 20h (et disponible ensuite en podcast). Ni plante, ni animal, ni champignon avec un peu des trois à la fois, le blob est un être inclassable, une cellule géante à plusieurs noyaux, à l’intelligence et la mémoire surprenantes, qui se répand infiniment dans les sous-bois et les jardins hospitaliers. Il a tout pour exciter la curiosité.


Forum-débat autour des enjeux actuels de la lutte antiraciste

Photo : Ehimetalor Akhere Unuabona

Nous assistons à un véritable chambardement de la scène antiraciste : nouveaux acteurs et actrices, nouvelles idées, nouveaux terrains, nouvelles dynamiques associatives, idéologies et politiques, nouvelles polémiques, ... Les traits principaux de cette nouvelle donne sont les suivants : émergence des « racisé.es » et d’une multitude de groupes qui prennent leur sort en main ; reconnaissance du racisme comme phénomène structurel et pas seulement moral ; tensions entre un racisme à prétention "universaliste" et un racisme prétendument "séparatiste", ou "intersectionnel", valorisant les différentes identités.

L’UPJB et la Maison du Livre proposent d’ouvrir une agora où les différents protagonistes de cette scène, les nouveaux et les anciens, peuvent se rencontrer et débattre, partager les expériences et confronter constructivement les stratégies pour voir comment avancer ensemble plutôt que rester sur la défensive et attiser des polémiques qui souvent nuisent à la cause. Vu le partenariat avec l’UPJB, une place relativement importante sera accordée à l’antisémitisme. Ouvert à toutes et tous, il s’agira bien de forums où la parole des participant·es circulera autant que celle des invité·es.

Une soirée mensuelle en présentiel dès que possible.

Informations : UPJB et sur cette page

Partenariat : Union progressiste des Juifs de Belgique (UPBJ)


Pour un numérique critique et humain

En route pour la saison 6 !

Depuis cinq ans, divers opérateurs culturels se réunissent pour mieux comprendre l’impact du numérique sur la société et réfléchir à en intégrer les outils dans une politique culturelle au service d’une société plus démocratique. Cinq années de conférences et formations durant lesquelles, cherchant l’équilibre entre technophiles et technophobes, nous échangeons, appelant de nos souhaits une prise en main par le public et la société des enjeux liés au numérique.

Pour sa sixième saison, le cycle PUNCH se propose d’envisager l’avenir via un retour aux racines, voire à la radicalité (les deux mots partageant une étymologie commune). Quel était le projet de départ d’Internet, du numérique ? Qu’est-il advenu des utopies fondatrices ? Remontant jusqu’aux origines de l’écriture, nous tâcherons d’observer comment la technologie modifie nos existences sans faire véritablement débat, et comment nous pourrions en (re)prendre le contrôle. Nous questionnerons jusqu’à l’alternative elle-même, et donc l’intitulé du cycle : un numérique « humain et critique » est-il encore possible et souhaitable ? Ne faut-il pas poser l’hypothèse que l’utopie numérique n’est peut-être finalement qu’une dangereuse chimère et qu’il est temps de dé-numériser le monde ? Cette dé-numérisation rejoindrait l’appel de nombreux-euses chercheurs-euses à dé-marchandiser l’économie capitaliste, à dépolluer nos modes de vie des excès consuméristes, seules possibilités pour résoudre les problématiques du changement climatique.

Faire le bilan pour ne pas entériner les solutions magiques, pour favoriser les dynamiques délibératives et critiquer le fameux retour à la normale qui est en train de s’opérer en dépit du bon sens. Car le numérique est aussi une des clés permettant de saisir la crise sanitaire comme symptôme de la convergence de toutes les autres crises : climatique, sociale, démographique, économique, démocratique, culturelle… Les rencontres proposeront autant de mises en perspective critiques entre passé et futur, et souligneront l’urgence de mener une révolution culturelle de grande ampleur.

Dates et lieux : Le cycle se déroulera de février à juin, principalement au PointCulture mais la Maison du Livre accueillera une rencontre en avril. Pour le programme et les horaires, rendez-vous prochainement sur notre site ou via la lettre électronique.

Recevoir notre Newsletter

Debout les mots !

ImagiMots !